Jean Feugereux Cadeau !

Jean Feugereux Cadeau !

Le troisième numéro de 2014 de la revue Nanga – écrits d’artistes sera « La dernière marche de Péguy » par Jean Feugereux .

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Ce petit livre – d’environ 70 pages quand même ! – comprendra à la fois quelques-unes des illustrations que l’artiste avait réalisées au début des années 1960 et qui avaient été exposées au musée de Chartres ainsi qu’un texte inédit (illustré de dessins), écrit peu de temps avant sa mort, qui montre combien Charles Péguy fut important pour lui.

Pour saluer la sortie de ce livre, je propose une gravure originale signée de Jean Feugereux en cadeau pour tout abonnement aux versions papier de la revue Nanga – écrits d’artistes. Les abonnés à la version de « luxe » bénéficieront en plus d’un dessin original à la plume. Que les précédents abonnés ne s’inquiètent pas, ils recevront automatiquement leur dû (ils peuvent toutefois préciser leur choix).

Attention cette offre n’est disponible que pour les paiements effectués avant le 1er mai 2014 !

Les gravure sur bois sont – en tirage d’estampe à 30 exemplaires numérotés et signés par l’artiste – des illustrations de « La Beauce » de Paul Vialar.

Les dessins, nécessairement uniques, ont été reproduits dans l’édition du centenaire de « La Terre » de Zola.

La revue présentera régulièrement des numéros consacrés à Jean Feugereux, à ses Maîtres et à ses amis.

Le numéro qui vient de paraître, Traité d’aquarelle de Signac, est un extrait – capital – d’un livre rare que conservait précieusement Jean Feugereux dans sa bibliothèque et qui l’a fortement influencé. J’y reviendrai.

En savoir plus

 

Illustration ; Jean Feugereux, La ferme de La Touche à Romilly sur Aigre (près de Cloyes), aquarelle – Cette ferme a été retenue comme lieu de l’action de « La Terre » de Zola mais il semble que la vraie ferme était beaucoup moins belle et plus dans l’esprit du Maître du Naturalisme.

3 février 1992 mort de Jean Feugereux

3 février 1992 mort de Jean Feugereux

Jean Feugereux avait fêté ses 68 ans à peine plus de 4 mois plus tôt quand il est mort d’un cancer dans une clinique de Chartres.

68 ans, c’est trop jeune pour mourir mais c’est encore plus vrai pour un artiste dont la reconnaissance de son oeuvre est presque toujours longue à venir.

Il venait de recevoir le prix du conseil général d’Eure-et-Loir. Il était président de l’Adagp, les droits des artistes. Il était membre d’honneur de la Maison des Artistes… Il commençait à être sollicité de tous côtés par des organisateurs pour être membre d’honneur de leur salon. Ses peintures et ses aquarelles avaient atteint des sommets en salles des ventes.

Avec la série des Ciels, il avait réglé les problèmes qu’il s’était toujours posé avec la couleur en peinture. Il était libre.

Libre de développer une peinture aux couleurs vives et variées où le sujet devenait plus que jamais un prétexte, une incitation à peindre.

Il partait après une vie riche, menée avec une énergie et une volonté de tous les instants.

Il n’aura pas vu les effets terribles sur le long terme de la grave « crise du Golfe » dont nous ressentons encore les effets dans le monde de l’art, d’autant que d’autres crises sont venues la renforcer. Il n’aura pas vu non plus la transformation radicale de la société par la mondialisation. En à peine plus de 20 ans que de changements, de transformation, d’évolution, en particulier dans la sphère artistique. Il restera comme un des derniers témoins authentiques de la campagne française (Beauce et Bretagne). Un des derniers aussi à maîtriser les techniques de la peinture à l’huile.

Il n’aura pas non plus subi la « décrépitude » de l’âge, lui qui était si attentif à rester jeune, dans son esprit et dans son corps.

Aujourd’hui, je pense à lui comme tous les jours et je le remercie de m’avoir laissé tant et tant de travail pour faire connaître l’homme et l’artiste.

Aujourd’hui, comme tous les jours, je l’associe dans mes pensées à son épouse – à ma mère – Marcelle.

 

Illustration : Jean Feugereux, Nid, huile sur toile, 1991. Anecdote : un jour que Marcelle lui demandait, avec un peu plus d’insistance que de coutume, s’il souffrait beaucoup, il lui dit de regarder ce Nid qu’il venait de descendre de l’atelier : une couronne d’épines !

 

Jean Feugereux les années de formation

Jean Feugereux les années de formation

Les années de formation de Jean Feugereux sont contrastées. Né dans une ferme dont son père Raoul (1896-1973) est le chef de culture, il est aussi, du côté de sa mère Henriette (1895-1967), le petit-fils d’Alphonse Marré (1866-1943), organiste de la cathédrale de Chartres de 1911 à 1943, et l’arrière-petit-fils du graveur Léon Louis Chapon (1836-1918). De ce dernier, il tiendra très jeune le goût de dessiner et Alphonse Marré le prendra sous son aile pendant sa scolarité à Chartres.

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Alphonse Marré est à droite

Ses sept frères et sœurs héritèrent plutôt du goût pour la musique de leur mère et grand-père. Jean Feugereux également puisqu’il fut chanteur soliste (ténor léger) d’une chorale qui eut les honneurs d’un enregistrement radiophonique. Toute sa vie, il travailla sa peinture et sa gravure en écoutant les grands classiques.

D’abord élève de l’école d’agriculture de Nermont puis de l’école ABC de dessin (dont il deviendra, à 34 ans, le directeur de l’enseignement), il sera actif jusqu’à plus de 25 ans à la fois dans le monde agricole (travail dans une ferme puis au Grands Moulins de Corbeil) et dans celui de l’art (professeur de dessin).

Il participera très tôt aux salons parisiens et sera même le président du salon de Boulogne-Billancourt à 29 ans.

A 30 ans, il est invité à l’Elysée par le Président de la République.

 

(N.B. : en fonction des « (re)découvertes », les pages biographiques de l’artiste sont mises à jour au niveau du texte comme des illustrations)

 

1921

Naissance de Jacques, frère aîné de Jean Feugereux.

 

1923

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25 septembre : Naissance de Jean Feugereux dans l’une des deux fermes du château de Saint-Germain à Fresnay-l’Evêque (Eure-et-Loir) dont son père était le chef de cultures depuis quelques mois au service de M. le comte de Prunelé. Il s’était marié avec Henriette Marré, fille de l’organiste de la cathédrale de Chartres, en 1921.

 

1924

3 novembre : naissance de sa sœur Madeleine.

 

1926

14 juin : naissance de son frère Philippe.

 

1927

28 décembre : naissance de sa sœur  Thérèse.

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Son père entre dans l’organisation du Syndicat agricole du Dunois où il est nommé agent à Janville. Il restera dans ce chef-lieu de canton d’Eure-et-Loir, rue d’Hamelet, jusqu’à sa retraite, en 1960, qu’il passera à Chartres.

 

1930

12 octobre : naissances de ses sœurs, Anne-Marie et Monique.

 

1934

13 et 14 juin  : première communion à l’Institution Notre-Dame de Chartres où il était élève.

 

1939

Elève de Renefer à l’Ecole ABC de dessin par correspondance (jusqu’en 1942).

 

1940

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3 septembre : naissance de son frère Michel.

Sort de l’école d’agriculture de Nermont (près de Châteaudun).

 

1942

6 juillet : décès, à Chartres, de sa grand-mère maternelle, Marie-Louise Marré, née Chapon, à Paris (?) en 1865.

 

1943

2 mars : décès, à Chartres, de son grand-père maternel, Alphonse Marré. Il était né le 12 novembre 1866 à Oberbruck dans le Haut-Rhin.

 

1945

Début d’année : départ pour la vie militaire

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25 octobre, mariage avec Marcelle Vieillard, née le 25 novembre 1923 (décédée le 25 août 2013).

 

1946

Mai : entre aux Grands Moulins de Strasbourg, à Corbeil. Il s’y occupe des aliments composés pour le bétail.

2 mai : installation dans une maison à Corbeil (jusqu’en 1950) : 3, rue du Capitaine-Pasquet.

28 juillet : naissance de son fils Jérôme à Janville.

Sociétaire du Salon des Indépendants (jusqu’à sa mort).

 

1947

du 4 au 18 mai, musée de Chartres, Premier salon de la Beauce et du Perche (Entrée de Janville – Janville).

Séjour à l’Ile de Ré.

 

1948

Exposition particulière à la galerie Lafont-Audebert, Châteauroux. (ou 47?).

du 1er au 9 mai, Hôtel de ville de Nogent-le-Rotrou, Deuxième salon de la Beauce et du Perche (Ciel de Beauce – Janville – Contre-jour – Les vieilles Maisons, aquarelles).

 

1949

du 22 mai au 6 juin, Salle Léo-Lagrange à Châteaudun, Troisième salon de la Beauce et du Perche (Le Moulin à Robinson – L’Essonne à Corbeil – Paysage – La Montagne du vieux marché, huiles).

 

1950

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Installation à Boulogne, rue Edouard-Detaille (jusqu’en 1956)

Se charge de défendre les produits spécialisés de J.M. Paillard, en tant qu’attaché à la direction, auprès des artistes (jusqu’en 1953). Il rencontrera à cette occasion de nombreux artistes parmi lesquels certains deviendront ses amis : Yvette Alde, Arnulf, Aujame, Berjonneau, Berthommé-Saint-André, Bezombes, Roland Bierge, Brasilier, Brayer, Callewaert, Paul Charlot, Paul Collomb, Constant-Lebreton, Deltombe, Dignimont, Domergue, Ducatel, Falcucci, Henri Goetz, Guiramand, Hambourg, Heuzé, Hilaire, Kurt Hinrichsen, Du Janerand, Lagrange, Landowski, Ray Lambert, Georges-Armand Masson, De Marco, Méheut, Nakache, Neillot, Osterlind, Parturier, Perraudin, Claudius Petit (ministre… et peintre), Peynet, Planson, Quillivic, Quizet, Savary, Savignac, Claude Schurr, Soulages, Clément Servaux, Souverbie, Trèves, Worms, Yvernès…

Nommé directeur du Cours Grands Maîtres du dessin (jusqu’en 1957).

 

1951

Sociétaire de l’Art libre.

Est élu président du Salon des Beaux-Arts de Boulogne-Billancourt, il le restera jusqu’en 1956.

Adhère au Syndicat national des artistes peintres, sculpteurs, graveurs, dessinateurs, illustrateurs, décorateurs, créateurs professionnels.

 

1952

Invité au Salon du dessin et de la peinture à l’eau.

Responsable du stand des arts plastiques à la Kermesse aux Etoiles, jardin des Tuileries à Paris (jusqu’en 1957).

Achat de la Ville de Paris : Vue du viaduc d’Auteuil (huile) et Janville par la route de Poinville (lavis).

 

1953

Séjour d’été à Châteauneuf-les-Bains

Invité à l’Elysée par le Président Vincent Auriol, au titre de la Kermesse aux Etoiles, avec quelques-uns de ses amis peintres

Achat de l’Etat français : Le pont d’Issy-les-Moulineaux (huile).

musée breton – quimper

musée breton – quimper

En 2005, le Musée Breton de Quimper recevait en donation 27 gravures de Jean Feugereux sur la Bretagne, parmi lesquelles certaines tirées à seulement quelques exemplaires. Ce don je ne l’aurais sans doute pas envisagé si je n’avais pas eu le plaisir de rencontrer son conservateur, Philippe Le Stum. Nous partageons ce goût pour ce qu’on appelait les « traditions populaires » et qui fut mon premier vrai métier en temps qu’ethnologue au Musée National des Arts et Traditions Populaires à Paris (depuis le musée a migré à Marseille). Mais nous avions en commun une autre passion : la gravure. D’ailleurs, le 20 janvier 2014, Philippe le Stum soutient sa thèse sur la gravure sur bois en Bretagne 1850-1950, après avoir réalisé plusieurs expositions sur ce thème.

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Pourquoi, quand j’ai reçu l’invitation au vernissage de « Merci ! hommage aux donateurs » – c’était le 15 juin 2013 – suis-je resté dans mes pantoufles (expression imagée car je préfère rester en chaussures : on ne refait pas une éducation) ? Certains lecteurs attentifs de ce blog comprendront que j’avais d’autres soucis. Il reste que je suis inexcusable de ne pas vous avoir informés.

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Trois gravures sont présentées en très bonne compagnie : Laboureur, Bernard Buffet…

Mais rassurez-vous ! « Trugarez ! Gourc’hemennoù d’an donezorien » est ouvert jusqu’au 27 avril 2014 et il y aura de belles journées pour venir en Bretagne et visiter ce très beau et riche musée, situé au pied de la cathédrale.

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Guerre 14

Guerre 14

Jean Feugereux est bien né en 1923 ! Toutefois la Guerre 14-18 le concerna personnellement à travers son père Raoul et artistiquement dans son compagnonnage avec Charles Péguy.

Je reviendrai tout au long des prochains mois sur le « couple » Charles Péguy et Jean Feugereux dont le point d’orgue fut l’exposition « La dernière marche » au musée de Chartres en 1963. Jean Feugereux a suivi toutes les étapes jusqu’à la mort de l’écrivain à Villeroy.

Aujourd’hui je souhaite juste vous informer que les aquarelles et les dessins réalisés à cette occasion vont servir d’illustrations aux articles, sur les peintres-écrivains et les écrivains morts à la guerre, que je vais mettre régulièrement en ligne – voir le premier article.

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Sur le présent site, j’essaierai de dresser l’inventaire de toutes ces oeuvres. Ce n’est pas toujours facile car beaucoup ont été vendues, deux sont d’ailleurs récemment passées en salles des ventes à Cannes. Je publierai également les textes inédits de Jean Feugereux sur Charles Péguy, en particulier celui écrit peu avant sa mort qui témoigne de son attachement à l’auteur.

illustration : La Boutique des Cahiers, gravure au burin, 1973 (ce n°86 du catalogue avait été précédé du n°15 de 1966, ci-dessous, destiné aux Cahiers Charles Péguy)

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La Boutique des Cahiers se situe rue de la Sorbonne à Paris. C’est toujours une librairie – des éditions Presses Sorbonne Nouvelle – mais ce n’est plus celle de Péguy qui existait encore pendant mes études à la fin des années 60 et où on pouvait acheter les Cahiers.

Boulogne-Billancourt

Boulogne-Billancourt

Mariés à Janville (Eure-et-Loir), Jean Feugereux et Marcelle Vieillard vinrent s’installer à Corbeil. Jean y avait trouvé un travail aux Grands Moulins de la ville et plus précisément chez Totaliment, aliments pour le bétail. Mais, très vite et au-début en même temps, il devint également professeur à l’Ecole ABC de dessin par correspondance. Une habitation plus près de la capitale s’imposait.

Ils s’installèrent rue Edouard Detaille (le peintre) à Boulogne-Billancourt dans un immeuble récent. La peinture affichée à la Une montre une vue prise du balcon avec un immeuble de la même rue en construction. C’était à deux pas du boulevard périphérique.

Jean Feugereux exposa très rapidement aux salons de peinture de la ville et en fut même très rapidement le président éphémère. A 28 ans, il prit la présidence d’un des deux salons et s’employa, un peu hâtivement, à le rapprocher avec l’autre. L’autre président était âgé et plus connu et devint donc le président de la nouvelle entité. Cet épisode montra ses facultés d’organisateur qu’il mit ensuite au service de grands salons parisiens : Salon des Artistes Français, Comparaisons…

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Cela n’eut aucun effet sur le travail de l’artiste qui continua à trouver dans cette ville de nombreux sujets. Des bords de Seine aux toits enneigés, en passant par la petite station service de l’avenue de la Reine, tout lui était prétexte à dessiner et à peindre.

C’était pour le rural qu’il était encore il y a peu, une vraie découverte d’autant qu’il commençait à maîtriser parfaitement le métier de peindre.

Je m’efforce de réunir tous les documents sur cette période qui mériteraient une exposition.